Vu des airs #2
Posté le 20 juin 2008 par LoHa les karaoké, du pain béni pour les coureurs de chansons… Souvent réduits à de joyeux moments de ridicule ils offrent aussi parfois aux personnages de séries en tous genres une occasion de délivrer un message…
Vous en avez forcément un exemple en tête, mais aujourd’hui attardons nous sur un épisode de Veronica Mars. Dans The Clash of The Tritons, épisode 12 de la première saison, Veronica est au prise avec une sombre société secrète dissimulée dans les arcanes les plus anciennes du lycée de Neptune… Brrr, les sociétés secrètes, ça marche toujours. Et c’est facétieux. Ainsi, au milieu de l’épisode, Veronica se voit entrainée dans un défi karaoké qu’elle doit relever si elle veut avoir l’honneur de parler au grand Triton, et faire ainsi avancer son enquête. Pas préparée, Veronica s’avance sur scène et souffle le titre de la chanson qu’elle va interpréter.

Sur les premiers accords de “One way or another“, de Blondie, elle dédie la chanson à “ses amis chez les Tritons”. On a vu message plus subtilement délivré mais elle est comme ça Veronica, cash. Si au final son petit numéro n’aura servi à rien dans l’avancement de l’histoire, il aura surtout le mérite de poser encore un peu plus le personnage de Veronica Mars. Surprenante, elle n’hésite que peu de temps avant de se lancer avec brio dans son interprétation ; sûre d’elle, elle fait le show, une vraie pro ; maligne, elle choisit une chanson qui lui va comme un gant ; bref, un résumé du personnage en un peu plus d’une minute.
Le message est donc double : intranarratif vers les Tritons, et extratextuel vers les spectateurs. C’est beau non ? Bon, et en plus ça permet à Kristen Bell de pousser la chansonnette de fort belle façon et nous montrer ainsi son talent. Que de choses dans une séquence si courte, dommage que la réalisation hachée ne soit pas au niveau.
Evidemment les paroles de “One way or another” sont fort à propos, elles préviennent les Tritons de ce qui les attend : “I’ll walk down the mall, stand over by the wall, where I can see it all, find out who ya call” (je descendrai au centre commercial, cachée derrière le mur d’où l’on voit tout, je trouverai qui tu appelles) . Veronica est tenace, que cela soit entendu.
Ce choix n’est donc pas anodin, Veronica Mars incarnant alors une sorte de Debbie Harry de l’enquête, piquante, vive, intelligente et blonde, et oui.

Blondie, groupe créé à New York en 1974, doit évidemment beaucoup à sa chanteuse vedette, sur-vedette, superstar même : la susnommée Deborah Harry. Véritable icône du rock, elle a éclipsé les autres membres du groupe par sa voix et son esthétique de Marylin Monroe punk. La rencontre des univers semble d’ailleurs être une constante pour Blondie, dans l’esthétique même donc, mais surtout dans leur musique qui fait se percuter avec bonheur le rock période new wave avec le doo-wop (”Denis“, reprise du morceau “Denise” par Randy and the Rainbows datant de 1963), le reggae (”The tide is high“), le disco (”Atomic“), le R&B sauce sixties (”Dreaming“) ou encore le rap (”Rapture“, qui aurait quelque peu influencé Chagrin d’Amour semble-t-il au passage, gloups).
C’est sans doute ce qui fait la richesse de Blondie, sa fraicheur même après plus de trente ans, ses nombreux tubes (de “Heart of Glass” à “Call me” en passant par “One way or another” bien sûr) tenant encore le haut du pavé musical de nos années 2.0. En cela, dans cette volonté de ne pas se prendre au sérieux, de rester léger mais efficace, le rapprochement avec Veronica Mars est assez judicieux, non ?
Bonus : Veronica dans ses œuvres
