Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé.
Posté le 22 juillet 2009 par WillowAvertissement : si vous n’avez pas vu ou lu cet opus, il est fort recommandé de ne pas lire cet article, ou de sauter à la conclusion.
En 2004, après avoir vu Harry Potter et le Prisonnier d’ Azkaban et être sortie du ciné en jurant la mort d’Alphonso Cuaron, je me suis fait la promesse de ne plus jamais relire un tome avant sa sortie ciné. Grand bien m’en a pris que de me tenir à cette promesse tant le générique de fin d’Harry Potter et le Prince de sang-mêlé a un goût amer d’inachevé et a laissé la pauvre fan que je suis pleine de frustration.
Retour sur le tome 6 de la saga du « petit » sorcier et de son film.

Il faut bien avouer que HBP (Half Blood Prince, le titre en anglais) est un des tomes les plus « faibles » des sept romans. L’histoire se divise en trois grands sujets que le film traite plus ou moins bien, avant de se finir en explosion. Ou pas.
- Le dit « Hormones time ».
Ah, l’adolescence et ses amours, les papillons dans le ventre, les airs rêveurs et débiles. Nos héros n’y coupent pas et le roman y consacre une grande place, permettant à ce côté léger de balancer le côté noir du roman. Le film lui, y laisse toute la place, traité, il faut l’avouer, avec réussite. Les trois quarts du film ressemblent donc à une bonne comédie romantique, sur fond de magie. C’est drôle et on ne voit pas le temps passer. Mention spéciale à Harry, qui ayant bu la potion Félix Félicis, semble shooté à l’ecsta, du pur bonheur.
- La pensine.
Dumbledore décide de partager avec Harry tout ce qu’il sait de Lord Voldemort, à travers la pensine, qui permet de revivre des souvenirs. Alors que le livre nous montre pléthore de souvenirs plus importants les uns que les autres pour la suite de l’histoire, passant de l’enfance de Tom Jedusor à sa transformation en Dark Lord, le film ne se contente que de deux pauvres souvenirs : L’orphelinat, et le souvenir du Professeur Slughorn expliquant ainsi les fameux Horcruxes. Ce manque de souvenirs me laisse assez sceptique sur le traitement des futures intrigues, que je développerai dans un prochain article.
- La politique.
Thème complètement absent du film, le livre nous informe cependant de beaucoup de changements dans le monde sorcier. Un nouveau Premier Ministre et ses relations avec le Premier Ministre Moldu, au courant de l’existence des sorciers. Les oppositions entre Dumbledore et ce nouveau Ministre et la position délicate d’Harry, l’élu, que le ministère veut utiliser afin de se mettre la population dans la poche.
Il est évident que cet aspect des choses ne peut pas être traité dans un film destiné à faire un maximum d’audience mais je trouve cela dommage de ne pas y avoir fait des allusions.
Les trois quarts du livre parlent donc de ces trois sujets, avant de se finir en apothéose, avec une bataille à Poudlard entre Mangemorts, Aurors, professeurs et élèves, une mort très émouvante de Dumbledore et ses funérailles. Une fin chargée en émotions et sponsorisée par Kleenex.
Or, le film passe allègrement sur cette fin. Pas de bataille, mais quelques Mangemorts qui se défoulent et détruisent le Grand Hall, pas de funérailles et une lamentation du Phénix complètement ridicule.
Non contents de supprimer quelques scènes clefs (à mes yeux) les scénaristes *kofkof* ont eu la brillante idée de rajouter des scènes inexistantes dans le roman et de modifier des scènes importantes. La scène du « duel » entre Harry et Drago complètement édulcorée, tout comme celle de la grotte où Harry oblige Dumbledore à boire une potion infâme, scène qui m’avait beaucoup marquée à la lecture du livre. Il faut se faire malheureusement à l’idée que les films ne peuvent pas traiter les scènes comme elles le devraient, sinon les petits enfants de 4 ans ne pourraient pas les voir. Absurde. Tout comme la mort de Dumbledore, totalement foirée.
Dans le livre, Harry et Dumbledore rentrent de leur mission un horcruxe en poche et Dumbledore est épuisé. Il demande à Harry d’aller chercher Rogue afin qu’il puisse les aider, mais entendant des bruits de pas, il demande à Harry de se cacher sous sa cape d’invisibilité. Drago Malfoy entre donc en scène pour tuer le directeur. Connaissant Harry, Dumbledore lui jette un sort afin qu’il ne tente rien, et Potter assiste donc, impuissant, à la mort de son mentor.
Cela vous semble bien n’est-ce-pas ?
Et bien ce n’est pas l’avis des scénaristes qui font qu’Harry se cache comme un couillon sous des instruments d’astronomie, et qu’il ne tente rien, totalement hors personnage. Harry assiste à la mort de Dumbledore, sans faire quoi que ce soit.
Encore plus horrible pour l’histoire, dans la version française du film, Dumbledore s’adresse à Rogue en lui disant «Aidez-moi » et Rogue l’assassine, laissant ce dernier passer pour un grand méchant sans cœur. Je rappelle que dans le livre, Dumbledore lui dit « s’il vous plaît », sous entendu, « s’il vous plaît, tuez-moi ».
Je passerai aussi sur la révélation de l’identité du Prince de Sang Mêlé, balancé entre deux répliques. Certes, ce n’était pas non plus le plus grand sujet de l’histoire, mais quand même….

Toutefois, la réalisation est très bonne et la photographie est magnifique. Les effets spéciaux sont toujours spectaculaires et bien utilisés, les décors, même si on les connaît, restent grandioses, particulièrement la tour d’astronomie que j’ai trouvé impressionnante.
Les acteurs quant à eux, ont pris plaisir à tourner ce film, et cela se voit. Le jeu du trio, qui a bien grandi, c’est développé et l’aspect comédie du film fait très naturel.
Je vais conclure cet article (il le faut bien, sinon je peux encore tartiner trois pages) en disant que oui, on passe un bon moment en regardant Harry et le Prince de Sang Mêlé, mais non, ne vous attendez pas à quelque chose d’explosif, car pour une fois, tout est dans la bande annonce du film.
Les 2h32 passent très vite, on ne s’ennuie pas, au contraire, et je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce film (si je devais faire un classement il arrivera 3ième dans les 6 ) je dirais juste qu’il ne tient pas ses promesses.















