Bon, après avoir abordé la première confrontation au karaoké, passons aux choses sérieuses !
Deuxième étape : se lâcher
Une fois le plus dur passé, que la peur du vide est partie, le chanteur amateur peut enfin lâcher les chevaux, se laisser aller et faire son show. Choisir à ce moment là une chanson en décalage avec son image est toujours du meilleur effet, il s’agit ici de bluffer son monde, de faire tomber les mâchoires.
Exemple illustratif de l’étape n° 2 :
Voila l’exemple du passage parfait au karaoké : jolie voix, choix de chanson décalé mais pertinent, et même accessoirisation avec ce joli costume de Mère Noël. C’est dans l’épisode 8 de la saison 3 qu’Ally répond au défi de Renée d’apparaitre plus sexy qu’elle en chantant une chanson de Noël. Défi réussi pour Ally qui pour une fois vole la vedette aux stars de la scène Renée et Elaine.
Santa Baby est chantée en 1953 par Eartha Kitt, actrice et chanteuse américaine, connue aussi pour ses rôles à Broadway (elle a par exemple gagné un Tony Award pour son rôle dans Timbuktu!). On lui doit entre autres la popularisation de la chanson “C’est si bon” en 1954.
Les paroles de la chanson déroulent une lettre au Père Noël plutôt originale et très intéressée : “Papa Noël chéri, apporte moi un duplex, et des chèques signés de ton “X”". La dernière supplique colle parfaitement à ally, éternelle célibataire en quête d’amour : il s’agit d’une bague à passer à son doigt…
Au passage, Calista Flockha, qui joue donc Ally, est créditée comme interprète pour cette chanson sur l’album de Noël de la série. J’en déduis que c’est aussi elle qu’on entend dans l’épisode…
Alors lâchez-vous et il n’est pas trop tard pour demander au Père Noël ce qui vous ferait vraiment plaisir…
En cette période festive, célébrons ensemble un grand ami des séries télé : le karaoké. J’en ai déjà parlé ici, et il est grand temps d’en faire un petit mode d’emploi histoire d’être fin prêts pour les divers réveillons de fin d’année.
Première étape : se lancer
Très délicat moment que celui de la première fois où l’on chante en public. Et je ne sais pas chanter, et tout le monde va me regarder, et ils vont se moquer, et j’aurai l’air stupide… Oui, tout cela est vrai, donc autant y aller franco. Premier réflexe : choisir la bonne chanson, celle qui vous colle au corps, dans laquelle vous êtes à l’aise, qui vous ressemble un peu ; bref, qui vous donne l’air naturel.
Exemple illustratif de l’étape 1 :
Hum, Angel, le grand ténébreux, a donc choisi “Mandy” de Barry Manilow. Notez l’embarras du chanteur, autant que des spectateurs à l’écoute de cette bluette légèrement dépassée. Pour sa défense, Angel a été obligé de chanter pour profiter du pouvoir de Lorne. Ça n’excuse pas le choix de cette abominable scie pour sa première fois.
Quant à Barry Manilow, que retenir de lui mis à part le fait qu’il est américain, que Mandy apparait sur son deuxième album sorti en 1976 et qu’il trouve avec cette chanson son premier numéro 1 aux charts US. Ce sous Burt Bacharach a aussi commis quelques autres chansons telles “Can’t Smile without you”, “Copacabana” (au passage, deuxième exemple illustratif de cette première étape où la peur du ridicule doit s’effacer : Rachel Green au mariage de Barry et Mindy, ouch.) ou “Could it be Magic”, jolie inspiration due au prélude n°20 de Chopin ( jolie surtout quand elle n’est pas reprise par Alliage dans sa version française “Le Temps qui court”).
Entrainez-vous donc avec ce premier exemple, Mandy de Barry Manilow, sauvée des eaux de la ringardise par un vampire.
La semaine prochaine commence aux États-Unis la quatrième saison de Friday Night Lights, la série hautement recommandable qui fait aimer le foot américain. Et le Texas. C’est pas rien.
Si vous avez suivi les trois premières saisons vous vous jetterez sur ces nouveaux épisodes. Et si vous avez le tort d’avoir raté les premières saisons, voici de quoi rattraper l’erreur avant de vous jeter sur la saison 4.
Friday Night Lights c’est avant toute chose un livre, sorti en 1990, retraçant le parcours réel et glorieux d’une équipe de football américain d’un lycée d’Odessa (Texas). Puis c’est un film réalisé par Peter Berg et Josh Pate, basé sur le livre, et sorti en 2004. C’est enfin et surtout une série télé entamée en octobre 2006 (avec aux commande le même Peter Berg du film) reprenant l’ambiance texane des livres et film, le nom de l’équipe de foot (Go Panthers !) et ouvrant grand les portes pour faire rentrer un tas d’éléments originaux et savoureux.
Une ambiance
Dillon ne vit que pour ses Panthers
La première chose qui frappe dans Friday Night Lights c’est l’ambiance bien particulière de la série, tangible dés le générique. La musique oscille entre le rythme frénétique d’une caisse claire et les nappes envoutantes de guitares, les images défilent comme ce paysage à la fenêtre d’une voiture au début, c’est hypnotisant, beau sans l’être vraiment. La réalisation de la série est nerveuse, type caméra à l’épaule, le grain de l’image est grossier, les décors sont ceux d’une ville en déshérence : Dillon. A Dillon il n’y a pas grand chose à faire, à part attendre un exploit de l’équipe de foot du lycée. Le ton est donné et l’aspect réaliste de cette série est d’ailleurs renforcé par un tournage au Texas même, en décors naturels, loin des studios.
Des personnages
Coach Taylor (Kyle Chandler)
On ne le dira jamais assez, une bonne série, c’est un bon personnage. Dans le cas de FNL c’est même un ensemble de bons personnages. Il y a d’abord les lycéens répartis en deux groupes : les footballeurs et les autres. Les footballeurs forment une équipe soudée à la vie à la mort, patriotes comme on sait l’être aux USA (”Texas forever!” est un gimmick de la première saison), stars de Dillon à la gloire éphémère… Ils le savent, à moins de réussir à faire carrière dans le football, ils se font là les souvenirs de toute une vie, de ceux qu’on trimballe partout et qui reviennent inlassablement rappeler que le plus beau est peut-être derrière soi.
Il y a Jason, l’étoile montante de la ville, dont la vie vole en éclat dés le début, Smash, la gloire rayonnante persuadée qu’il deviendra pro, Riggins, qui ne sait pas choisir entre le foot et l’alcool et Matt, le jeunot un peu perdu dans tout ça.
L’équipe est coachée par Eric Taylor, un entraineur qui doit faire face à la pression de toute une ville, à sa responsabilité envers les jeunes et à sa vie de famille.
Autour de ce noyau sportif gravitent entre autres la femme et la fille de coach Taylor, qui doivent supporter presque autant que lui la pression de son rôle d’entraineur ; Landry, le meilleur ami de Matt, un peu marginal, qui porte un regard cynique sur ce culte du football ; Lyla, la petite amie parfaite de Jason, cheftaine des cheerleaders ; et Tyra, persuadée qu’elle finira serveuse elle ne souhaite qu’une chose : quitter Dillon.
Évidemment au fil des saisons ces personnages complexes vont évoluer, voire leurs rêves s’évanouir, changer, s’éloigner, se rapprocher.
Le football
Friday Night Lights n’est pas une série sur le football américain, mais ce sport tient une place centrale dans la série, il en est le noyau. On peut pourtant regarder FNL même si on est peu intéressé par le sport en général : les matchs, les entrainements sont juste assez présents et réalisés de manière à intéresser tout le monde. Et puis surtout ce que cache ce sport, ce culte au football, à cette équipe de lycéens, ce sont des aspirations humaines : faire mieux, être encouragé, reconnu, avoir un but collectif, réussir individuellement, oublier le poids de la vie, défier le temps qui passe.
Friday Night Lights a ses défauts, c’est vrai, comme par exemple une intrigue complètement hors sujet dans la saison 2. On peut par exemple être choqué par l’aspect religieux très présent, un peu exotique pour nous mais tout à fait à sa place dans cette société texane enracinée dans ses valeurs. La réussite de cette série c’est justement de faire naitre de cette société étriquée des espoirs, des luttes, des drames, des joies, en un mot des émotions plus belles et grandes que le décor abimé de Dillon, Texas.
Tim Riggins (Taylor Kitsch) Clear eyes, full heart, can't lose !
Vous ne pouvez pas être passé à côté de l’info essentielle de cette rentrée : tous les albums des Beatles ont été remasterisés, et ils sont même vendus maintenant dans un beau coffret tout beau, mono ou stéréo, à vous de choisir. Il parait que le coup de plumeau pour dépoussiérer était nécessaire, que le boulot est bien fait, mais en attendant ça sent surtout bon les pépètes dans le portefeuille d’EMI, les coffrets s’arrachent !
Donc on réécoute les Beatles, et ça c’est bien. Mais dans les séries télé, j’ai beau chercher je ne trouve pas beaucoup d’utilisation des chansons des Fab Four, sûrement à cause d’une utilisation drastique des droits. Peu importe, il est une série qui a fait une jolie utilisation d’une des plus jolies ballades des Beatles : Blackbird.
Dans la première saison d’Urgences, Susan Lewis doit gérer les incursions incontrôlées de sa marginale de sœur dans sa vie de médecin déjà bien compliquée. En gros on peut le dire, Chloé (la sœur donc) lui pourrit la vie, entre dépendance à la drogue, incapacité à garder un boulot et squattage envahissant d’appartement. Histoire de faire les choses en grand elle se retrouve même enceinte et finit bien sûr au Cook County pour accoucher.
Comme Chloé est un peu bizarre mais cool, Chloé veut absolument prendre son gros boombox et le White Album à l’hôpital. S’ensuit un accouchement comme Urgences sait les faire entre hystérie, drôlerie et émotion. Faut dire que celui-là est réalisé par Quentin Tarantino, rien que ça !
Dans l’urgence Susan a bien sûr pris toutes les cassettes de Chloé, sauf le White Album, et les deux se retrouvent donc à chanter Blackbird en plein milieu des hostilités. Blackbird est une ballade, belle, douce, mais quand Chloé la chante pour oublier sa douleur et s’encourager, elle en fait plutôt une version metal. Blackbird singing in the dead of niiiiiiiiight ! C’est irrésistible pour tout amateur Beatlesien !
Take these broken wings and learn to flyyyyyyy !
Susan et Little Susie
La beauté de la chose c’est que cette chanson reviendra au fil des épisodes pour accompagner Susan et sa nièce (little Susie) des moments les plus tendres (cette scène à la fin du 2×05, dans laquelle Susan chante la chanson à Susie sur une balançoire, avant que Mark ne les rejoigne, un pur moment d’espoir pour tous les shippers Mark/Susan !) aux moments les plus durs pour Susan. Jusqu’au titre de l’épisode 21 de la saison 2, “Take these broken wings” dans lequel Susan raconte sa douleur de vivre sans little Susie retournée chez sa mère après un an et une tentative d’adoption.
Pas une fois on ne l’entend dans sa version originale, chantée par Paul McCartney, mais seulement chantée par Susan ou Chloé. McCa est l’auteur/compositeur/interprète de la chanson, qu’on trouve donc sur le White Album sorti en 1968. Blackbird suit une des recettes les plus simple de la ballade : un accompagnement à la guitare, une jolie mélodie et une petite pulsation tout du long (pulsation créée par le scratch d’un disque ai-je appris cette semaine, plus original que le bête battement du pied). A cela rajoutez un joli fond d’anti-racisme et vous aurez un des plus beaux morceaux des Beatles et de Sir Paul.