La saison 7 de 24 a une quinzaine d’heures écoulées aux États-Unis et déjà une volée de critiques lui reprochant son incohérence, ses ressorts de scénario incroyables. Ça fait un moment que ça dure, le spectateur semble se lasser de voir se dérouler des ficelles grosses comme des pipelines, de voir des histoires de plus en plus improbables. Rajoutez à ça l’argument ultime pour enterrer 24 : la torture et son usage immodéré et mécanique par Jack Bauer. Au mieux, 24 reste donc une série d’action pour spectateur friand de bagarres et explosions, au pire de la propagande yankee pour la torture et l’usage de la violence décomplexée.
Si vous connaissez le point de départ de la saison 7, vous savez déjà que les scénaristes ont choisi pour commencer cette saison d’utiliser cette polémique en plaçant Jack face à ses juges. Et bien aujourd’hui, j’ai envie de me faire l’avocate de Jack Bauer, dans son procès en réhabilitation. Yes ma’am, rien que ça.
Non 24 n’est pas juste faite pour débrancher les cerveaux le temps d’une journée sans queue ni tête, mais cette série se place dans l’héritage d’un genre vieux de 25 siècles, un genre fondateur dans l’histoire de l’art occidental, un genre qui trifouille dans le mécanisme humain : la tragédie. Voilà ce qu’est Jack Bauer le héros tragique par excellence, écrasé par son destin, en but à la fatalité, encastré dans un modèle répétitif inébranlable.
La tragédie est née en Grèce, à Athènes, au Ve siècle avant Jésus-Christ, et théorisée par Aristote dans la Poétique, elle répond à des codes stricts. Évidemment je ne pense pas que les créateurs de 24 s’inspirent réellement d’Aristote ou des tragédies classiques, mais je constate simplement des points communs, des liens entre cette série et la tragédie grecque ou classique.
On reproche à 24 de trop en faire (des explosions incroyables, des présidents surpuissants menacés, des meurtres à la pelle, des complots impossibles, des trahisons en pagaille…), et bien 24 représente simplement l’hybris, la démesure, les pulsions de l’âme humaine, le scandale que mettent en scène les tragédies. Il en est de même pour la violence : dés la Grèce Antique les spectateurs s’offusquaient de voir tout ce sang sur scène, toutes ces morts en pagaille… et en redemandaient. Pour Aristote, l’intérêt de ce spectacle de la violence et de la démesure réside dans la catharsis, sorte de prévention à la violence : mieux vaut qu’elle se déroule sur la scène (ou l’écran ici) que dans les cœurs et corps humains, elle purge le spectateur de ses pulsions.
Saison 3, épisode 24
Autre point commun, la tragédie se déroule sur le même schéma, tout le temps : un héros doit se battre contre un destin qui lui est imposé par les Dieux, et à tous les coups il perd. L’histoire d’Oedipe est la plus connue : il a beau être prévenu, il finit par tuer son père et coucher avec sa mère. Pour Jack Bauer la saison 6 aura été assez douloureuse concernant le père, quant à être manipulé par des Dieux joueurs ou revanchards… peut-être pas des Dieux non, mais des puissances supérieures à l’image de notre 21e siècle, certainement. Vous me direz qu’il gagne toujours à la fin : et bien non, regardez les fins de saison, si l’Amérique/le monde est sauvé, Jack est toujours le perdant. Damn it. La scène finale de la saison 3 qui voit Jack pleurer assis au volant de sa voiture est par exemple assez marquante.
Kieffer Sutherland a par ailleurs toujours dit qu’il voulait que Jack meurt dans la dernière saison, ce serait le point final et fatal parfait au héros tragique qu’il joue.
Bon d’accord, mais Jack est un affreux, ses crimes sont inadmissibles ajouterez-vous. Et bien oui, et non. C’est ça le tragique, il le répète à longueur d’épisode : “we have no choice Mr President/Bill/Tony ! ”
Quelle plus belle définition de Jack Bauer que celle du héros tragique selon Jean-Pierre Vernant : “un être déroutant, contradictoire et incompréhensible : agent mais aussi bien agi, coupable et pourtant innocent, lucide en même temps qu’aveugle“.
Voila pourquoi il ne faut surtout pas débrancher son cerveau quand on regarde 24, parcequ’on peut aussi y voir autre chose qu’une bonne grosse série d’action, parceque Jack Bauer, aussi différent qu’il soit de nous, nous ramène à notre tourment personnel, intime, à notre condition humaine. Yes Ma’am, with all due respect, rien que ça.
Et je suis incapable de dire quoi que ce soit sur cette série. Pourquoi je l’aime, de quoi ça parle, pourquoi ça n’est pas qu’une bête série de scifi, pourquoi elle a provoqué un maelstrom de sentiments en moi, comment elle m’a retourné le cerveau, pourquoi je ne pourrai plus jamais regarder une série comme j’ai regardé BSG. Je parle en terme d’implication émotionnelle bien sûr, les séries j’en regarderai toujours; j’avais dit après le fiasco Alias que plus jamais je ne m’impliquerais dans un fandom, et je m’y suis tenue. (la seule série qui peut encore me faire chavirer, c’est Doctor Who).
Enfin voilà, Battlestar Galactica, c’est fini et comme prévu, elle a eu ma peau. Même si je ne m’attendais pas à ce que ça arrive de cette façon-là…
Un jour peut-être je pourrai écrire dessus, quand je me serai refait une intégrale. En attendant, je vous laisse avec les portraits de tous ces personnages qui m’ont transportée pendant 4 ans, des personnages que j’ai passionnément aimés, d’autres que j’ai violemment détestés, mais tous ont contribué à faire ma série, ils ont donc tous une place dans mon coeur. Et je ne peux pas parler des personnages sans parler de leur créateur, celui qui leur a donné vie, Ron D. Moore. Ron, évidemment, je te déteste
En 2000, j’avais mon billet pour le Twenty Four Seven Tour, mais je n’y suis pas allée, sans regret sur le coup parce que j’avais moyennement apprécié l’album et que le Stade de France ne m’attirait déjà pas à l’époque; je l’avais donc rangé dans une boîte à souvenirs. Mais elle a annoncé qu’elle se retirait de sa vie de chanteuse, qu’il était temps pour elle de prendre sa retraite… Là, j’ai regretté, un peu. Mais je l’avais vue en 1996 alors ce n’était qu’un demi-regret, parce que ce concert de 1996, le Wildest Dreams Tour, reste encore l’un des meilleurs concerts de ma vie. Mais j’ai souvent pensé à ce concert raté que je ne pourrais plus jamais rattraper.
C’était cependant sans compter sur la temporalité fluctuante qui frappe le monde du spectacle en général et celui de la musique en particulier : un artiste qui prend sa retraite n’est jamais vraiment parti pour de bon (eh oui, Céline reviendra elle aussi ). Ce n’est donc pas sans quelque tremblement de la carte Visa (pas seulement dû à l’émotion d’ailleurs) que je me suis procuré il y a quelques mois un billet de concert pour ce World Tour 2008-2009. Curieusement, je n’ai pas ressenti d’excitation particulière à l’approche de la date de l’événement, à tel point que j’ai failli me présenter au mauvais lieu : hier toute la journée je pensais aller au Stade de France alors que ça se passait à Bercy.
Vous lirez peut-être ici où là que ce concert manquait d’authenticité, car il est calibré pour toute la tournée, chaque soir c’est la même représentation, au riff de la voix près, de Paris à Melbourne. Du show à l’américaine comme ils disent. En effet, c’est millimétré, calibré, prévu à la seconde, mais vous ne deviez pas être là hier soir Monsieur Dépêche AFP, parce que sinon vous auriez remarqué les quelques dérapages dans les paroles, les reprises de souffle avant ces fameux riffs, les 5 minutes d’applaudissement au milieu du show, la joie de l’artiste devant cette reconnaissance. Alors oui, il ne faut pas trop traîner, mais contrairement à d’autres artistes blondes ayant fêté leurs 50 ans en 2008, cette artiste-là s’adresse à son public pour de vrai, quand elle salue, elle regarde la salle, elle regarde les gens et jusqu’à sa disparition dans les méandres du décor elle salue de la main cette foule qui l’a portée tout au long de la soirée. (et je ne parle même pas de la remarque sur sa “prise de poids”, ça c’est du journalisme. Il eut été plus judicieux, et plus professionnel, si on en est au bilan de santé de préciser que 6 jours auparavant elle avait annulé ses concerts londoniens pour grippe respiratoire…)
Moi j’ai vu tout ça, d’un peu loin malheureusement, à tel point, que, je peux bien l’avouer, quand le rideau s’est ouvert et que je me suis rendue compte de la distance, quelques larmes ont coulé. Parce que c’est Tina, parce que je ne croyais plus jamais la revoir sur scène, parce que j’ai eu un trop plein d’émotion. Et parce que j’ai vite compris que mon entourage resterait assis, bien planté droit sur son siège. Je déteste les gradins, je déteste les concerts assis. Je dois dire que la moyenne d’âge n’aidait pas, mais il n’y avait pas que des “vieux” autour de moi, les plus jeunes aussi étaient statiques. Personnellement, j’ai dû en gêner beaucoup mais je ne tenais pas en place sur mon siège, toujours assise cependant. Mais enfin les gens, c’est Tina Turner ! C’est du rock ! Ça déboîte le string à mémé !! Je pense même que pour certains ça a dû être trop rock, les guitares électriques ont bien pété, les solos ont bien vrillé les oreilles. Y’a du sonotone qui a dû griller hier soir…
Je ne comprends pas pourquoi les gens se déplacent parfois. En ce qui concerne certains de mes voisins, je me demande même s’il connaissait Tina Turner ou s’ils ne s’étaient déplacés que sur le nom, sur le “oh ben c’est de ma génération hein, je vais aller voir”. Pendant que je scandais les paroles de toutes les chansons, je me suis sentie bien seule à hurler comme ça dans le noir… Mais peu importe, j’ai fais fi de tous ces inconvénients, et j’ai chanté, j’ai sauté, j’ai dansé, j’ai tapé dans mes mains et j’ai pleuré un peu aussi, les yeux rempli d’étoiles. Parce qu’on en prend plein les yeux, à la limite du bon goût je dirais même; le “tableau” We don’t Need Another Hero a un peu frisé le ridicule, enfin, pour moi. Mais dès qu’il ny’ a plus qu’elle sur une chaise entourée de ses musicien et qu’elle entame Help, sa version à elle, la première version de cette chanson que j’aie jamais entendue, je ne savais même pas que c’était une chanson des Beatles à l’époque (oui, chez moi on écoutait les Rolling Stones, les Beatles étaient persona non grata, ma mère est un peu extrêmiste à ce sujet :o), alors là ça déboîte vraiment. Moi c’est tout ce dont j’ai besoin. Ça et la choré de Proud Mary bien sûr : 4 danseuses, Tina au milieu et ces bras qui se balancent, ces jambes qui frémissent, ces cheveux jetés en avant. En général, à ce moment là du concert, je suis en transe et j’ai oublié tout ce qui m’entoure.
Le retour à la réalité a été assez dur, je suis sortie de la salle avec encore une grosse envie de pleurer, j’étais envahie de nostalgie, pas celle que l’on éprouve à chaque fin de concert ou autre, celle qui conclut la fin d’un évènement attendu depuis longtemps. non. C’est difficile à définir, et encore maintenant il me reste quelques traces de ce sentiment, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus mais c’est là. Je pense que ça va tourner sur la platine cette semaine, attention les voisins, quand j’écoute du Tina, je suis hystérique
Comme ça, j'ai pas l'air si loin...
Mais en fait, si.
Heureusement je peux zoomer
Mais pas trop
C'est un peu ridicule quand même...
Mais c'est aussi top classe
Séquence Avalon chiale
Désolée, ce billet ne parle pas de séries télé, il n’y a pas de sondage essentiel à la survie du monde, mais Tina le valait bien
petit message personnel @ Tink : j’ai beaucoup pensé à ta Red Room Revue pendant ce concert, notamment sur Private Dancer, mais mes photos de ce passage sont toutes ratées. Heureusement, notre ami youtube est là :
Cultur-ED a un an quand les femmes ont leur journée.
Coïncidence ? C’est joïncidence avec un c… C’est un joli clin d’oeil en tout cas, car si Cultur-ED existe, c’est parce que EDForum existe et EDForum ne serait pas s’il n’y avait pas eu une femme à l’origine de tout. Il y a toujours une femme à l’origine me direz-vous En ce qui nous concerne, tout commence en 2001 quand notre bien-aimé administrateur, Darathor, s’est dit qu’il bidouillerait bien un forum, encore fallait-il trouver un thème. “Ah mais dis-donc, se dit-il, elle est bien la brunette là, dans Buffy, comment c’est son nom déjà ? Eliza Dushku ? Ca ferait un bon nom de forum tiens : EDF “. Et voilà maintenant révélée au monde entier l’origine de notre nom, EDForum pour Eliza Dusku Forum, le mystère est levé, nous n’avons aucun rapport avec l’électricité… Le monde du petit écran découvre Faith, le monde de la grande toile découvre alors EDForum. Le petit forum est devenu grand grâce à une fusion des plus musclées, il a connu moultes péripéties, mais il a survécu à la fin de Buffy grâce à une communauté variée et soudée, très attachée à ce lieu.
Et puis un jour, le forum en mode croisière, nous avons eu l’idée de créer un blog, une sorte d’espace d’expression alternatif au forum, un lieu communautaire, toujours, où les membres en seraient les rédacteurs. C’est ainsi qu’est né Cultur-ED, une vitrine sur la blogosphère de ce petit forum si cher à beaucoup de monde. Certes la vitrine n’a rien des immenses baies vitrées de Noël des grands magasins, certes l’influence de Cultur-ED sur la blogosphère est des plus confidentielles, mais qu’importe ! C’est un lieu d’expression où les rédacteurs parlent de ce qu’ils aiment, de ce qu ‘ils veulent faire partager et si les visiteurs arrivent par la porte des soeurs Halliwell ou de Smallville, ils sont accueillis à bras ouverts quand même (enfin, bon, dans la limite des stocks disponibles )
Quand on est petit, on passe beaucoup de temps devant la télé à regarder des séries plus ou moins bien. Et malgré les nombreuses rediffusions (de M6 surtout) concernant lesdites séries, on trouve toujours le moyen de rater le dernier épisode de la série alors qu’il y a des histoires que l’on a vu une dizaine de fois.
Retour sur les fins de ces séries qui ont bercé notre enfance…
Une nounou d’enfer (The Nanny)
L’histoire :
Pour vous raconter l’histoire de la nounou d’enfer, je pourrais tout simplement vous renvoyer au générique…
…mais pour ceux qui ne maitrisent pas l’anglais je vais tout de même résumer! Ou plutôt, je vais me contenter de traduire!
“Elle travaillait dans une boutique de mariage à Flushin dans le Queens
Jusqu’au jour où son petit ami l’a mis à la porte, après une des ces scènes
Que va-t-elle faire? Où va-t-elle aller? Elle est là dehors sur son derrière
Alors de l’autre côté du pont entre Flushing et la porte des Sheffield,
Elle était venue pour vendre du maquillage mais le père vit plus que ça
‘Elle avait du style, elle avait du flaire, elle était là!’
C’est ainsi qu’elle devient la gouverante
Qui aurait pu dire que cette fille que nous avons décrit
Etait exactement ce que le médecin leur avait prescrit
Maintenant le père la trouve attirante (Attention CC!)
Et les enfants sont vraiment souriants (Quel joie de vivre)
Elle est la fille en rouge lorsque tout le monde porte du beige
La fille flashy de Flushing, la nounou nommée Fran !”
Vous l’aurez compris, la nounou d’enfer, c’est la rencontre de deux mondes différents, une rencontre bénéfique puisque Fran va réussir à unifier cette famille qui n’allait pas bien depuis la mort de la mère . Fran s’est également liée d’amitié avec Niles, le maitre d’hôtel, qui passe la plupart de son temps à espionner son patron et à se disputer avec C.C., l’associée de Maxwell.
Le dernier épisode: Tout est bien qui finit bien 6×22