The L word (2004)
Posté le 14 mars 2008 par Alf
Créée en 2004 et diffusée sur Showtime, The L word suit les déboires sentimentaux d’un groupe de lesbiennes résidant à Los Angeles.
D’emblée, on pourrait s’attendre à une bête version pour filles de Queer As Folk ou à une série ultra-féministe, dans un monde où les hommes seraient l’incarnation du mal et où les femmes seraient (presque) irréprochables. Si l’on est un minimum honnête, The L Word tient un peu de ces 2 préjugés, mais heureusement pour nous, on dépasse vite les clichés et on s’aperçoit que cette série a réussi à se démarquer de ce qui a pu être fait auparavant.
L’idée de départ n’était pourtant pas des plus originales; Jenny Shecter (jouée par Mia Kirshner, notamment vue dans 24) emménage avec son copain Tim (Eric Mabius, le Daniel de Ugly Betty) dans West Hollywood avec l’ambition de faire publier son livre, et va finalement faire quelques rencontres qui vont changer sa vie.
- Personnages principaux et interprètes
Jenny Shecter
A la fois Caliméro, tête à claques et victime de la vie, Jenny a vite acquis le titre de “méchante” de la série aux yeux des fans. En fait, si on se met un peu à sa place, on peut comprendre que débarquer de sa campagne et découvrir qu’on a des penchants lesbiens, ça peut mettre la tête à l’envers.
Bette Porter
Jouée par Jennifer Beals (Flashdance, allez tout le monde chante), Bette est ce que nos amis américains appellent une “alpha female”, en gros, une femme indépendante qui aime prendre les choses en mains. Bette est la voisine de Jenny, et vit en couple avec Tina depuis 7 ans.
Tina Kennard
Tina est la compagne de Bette, et s’apprête d’ailleurs à porter leur enfant (via insémination par donneur, s’il est utile de le préciser). Leur vie de couple n’est d’ailleurs pas toute rose, puisqu’on découvre vite que les deux voient un psy et que Tina supporte mal le fait d’avoir laissé sa carrière professionnelle de côté. Tina est jouée par Laurel Holloman, qui avait entre autres eu auparavant un petit rôle dans la série Angel.
Alice Pieszecki
Jouée par Leisha Hailey, Alice est une bisexuelle affirmée, journaliste ambitieuse obligée d’accepter des sujets pas très passionants afin d’éviter la censure de ses employeurs. Alice est l’atout comique de la série, un personnage attachant aux remarques cinglantes et qui sera à l’origine du “chart” (sorte de sytème bizarre visant à démontrer que tout le monde est lié à travers ses aventures sexuelles, qui aura donné lieu dans la vraie vie au site OurChart.com)
Dana Fairbanks
Joueuse de tennis professionnelle, Dana cache son homosexualité du grand public et surtout de ses parents. Sa vie sentimentale en est d’autant plus compliquée que Dana est loin d’être sûre d’elle et n’a pas le sacro-saint “gaydar”, essentiel pour tout homo digne de ce nom. Le rôle est interprétée par Erin Daniels, vue entre autres dans Jericho et Dexter.
Shane McCutcheon
Jouée par Katherine Moennig (Young Americans), Shane est ce que l’on peut niaisement appeller la “briseuse de coeur” de la série, qui accumule les conquêtes sans jamais se poser. Pourtant, le personnage s’avère être bien plus complexe et on se rend vite compte que cette vie est loin de faire son bonheur.
- Pourquoi on aime?
The L Word est avant tout un soap et on y trouve donc une bonne couche de drama - plusieurs sujets graves sont abordés, notamment les difficultés d’adoption dans les couples gay, mais aussi des sujets à plus grande portée, comme le cancer du sein - mais l’humour y est aussi très présent, ce qui donne lieu à pas mal de répliques cultes. Les personnages sont pour la plupart bien développés et on peut facilement se trouver des points communs avec eux, même si on n’évite pas certains clichés/stéréotypes.
Même si les relations sentimentales des personnages sont au centre de la série, celle-ci dépasse le seul sujet de l’homosexualité féminine et montre qu’un couple gay n’est pas si différent d’un couple hétéro. On dépasse également le cliché des lesbiennes aigries, en guerre contre les hommes et qui s’interdisent de se raser les jambes, ce qui n’est pas plus mal étant donné la présence de pas mal de scène chaudes dans la série…
On peut aussi noter les apparitions d’ acteurs célèbres au fil des saisons, notamment Pam Grier dans le rôle de Kit, la soeur de Bette, mais aussi Rosanna Arquette, Cybill Shepherd ou encore Jane Lynch.
- Donc, c’est une série parfaite?
Ne poussons pas le bouchon trop loin, The L Word est un bon divertissement qui est loin d’être irréprochable. On peut regretter la disparition quasi-inexpliquée de personnages entre les saisons, les facilités scénaristiques qui semblent indiquer que toutes les femmes sont lesbiennes, la schizophrénie de certains personnages et surtout, un recours aux scènes de sexe souvent injustifié, qui relève plus de la recherche de l’audimat et du choc (apprenez tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur l’insémination et les sextoys) que d’autre chose.
The L word aura pourtant été un phénomène à sa création - la seconde saison a été commandée après la diffusion du pilote et la 3ème avant diffusion de la 2ème - qui se sera toutefois éssoufflée après 3 ans. La cinquième saison est actuellement diffusée aux Etats-Unis et Showtime vient d’annoncer que la 6ème sera sa dernière, comprenant 8 épisodes (au lieu des 12 habituels).
On peut toutefois se rassurer en se disant que la série survivra à travers ses fans, le caractère hardcore de certains n’étant pas à remettre en question (une pétition a déjà été lancée pour obtenir plus d’épisodes, demandant aux fans d’envoyer des soutifs noirs aux dirigeants de Showtime…). Quant à nous, on pourra toujours se faire plaisir en regardant nos dvds et se dire qu’on a le privilège d’entendre le générique le plus ridicule de la télévision, et ça, ça n’a pas de prix…
Note de l’auteur - j’ai volontairement présenté les personnages principaux tels qu’on les a connus au début de la première saison, et fait l’impasse sur d’autres afin d’éviter de spoiler ceux qui seraient intéressés par la série sans l’avoir regardée jusqu’ici. Tout jet de pierre ou menace de mort à mon encontre serait donc injustifié et provoquerait mon courroux.
Cet article a été publié le Vendredi 14 mars 2008 à 22:36 par Alf et est classé dans Séries US. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.
11 commentaires
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14 mars 2008 à 23:03
joli résumé, alf
je n’ai vu que la saison 1 mais le générique de la saison 2 est vraiment un très grand moment, il bat celui de queer as folk
j’ai beaucoup aimé la saison 1, il faudrait que je me lance sur la saison 2
15 mars 2008 à 0:15
*jette des pierres*
Moi j’aime le générique à partir de la saison
Sinon, je plussoie avec Aima sur la qualité du résumé, et tu as bien fait de te cantonner à la première saison pour décrire les persos
Je pense malheureusement que cette série représente un des plus beaux gâchis de potentiel scénaristique, de personnages et d’acteurs qu’il m’ait été donné de voir, je l’aurais presque mis dans la catégorie “on vous hait, séries renouvelées”.
Ce qui m’a franchement gênée c’est ce que tu as appelé la “schyzophrénie” des persos et la volonté de se faire mutuellement de la pub entre la créatrice et des scénaristes (en particulier le fait de faire écrire des scénars à la leader du groupe Betty qui nous a pondu le générique et de faire dudit groupe un “perso” dans la saison 3…
Bref
15 mars 2008 à 14:57
Ho un article élogieux sur The L Word, ça faisait tellement longtemps *émotion* Tout ça donne envie de regarder la saison 1. Et d’attendre une série qui saura continuer ces débuts prometteurs.
Sinon je serais un peu plus sévère que toi sur une série qui n’est “pas une bête version filles de QAF”. Beaucoup d’éléments sont pompés sur QAF quand même, on pourrait en faire une liste assez précise…
15 mars 2008 à 16:53
Bonne idée de post Lo
mais sans dec, je suis d’accord 
15 mars 2008 à 18:16
Merci merci
> Tawi : J’ai failli parler de Betty dans mon post, parce qu’en effet, c’est vraiment le truc qui a gâché les saisons 2 et 3… D’ailleurs, je ne sais pas si tu as entendu le commentaire du season finale de la S2 par Leisha Hailey, Erin Daniels et Katherine Moennig, mais ça tape pas mal dessus
Y a même une rumeur selon laquelle le destin de Dana est dû à la colère d’EZ girl après l’avoir entendu…
>Lo’: oui bon, j’avoue, j’ai seulement vu quelques épisodes de la S1 de QAF et donc ma phrase n’est pas parole d’évangile
Enfin, je préfère quand même nettement l’ambiance de TLW, j’ai pas réussi à accrocher à QAF :/
17 mars 2008 à 12:25
J’ai lu
C’était intéressant, ca donne envie de se pencher sur les 2/3 premieres saisons. Bon article de présentation, honnete sur les qualités comme sur les faiblesses. Penses-tu t’arreter la ou approfondiras-tu sur certains aspects de cette série ?
17 mars 2008 à 17:43
Tu parles de la s1 et tu parles même pas de Marina
Pour moi aussi un des plus gros gâchis de série, qui est devenue une caricature d’elle-même après la s3… C’est dommage…
Et je rejoins Lo: beaucoup beaucoup de storylines sont des “copier/coller” de QAF.
17 mars 2008 à 18:48
> Damien : Merci, je ne sais pas si je ferai autre chose sur cette série - ça me dirait bien, mais on verra si l’inspiration vient
> Ava : C’est que Karina Lombard mérite un article consacrée à elle seule, un post complet où on pourrait parler de TLW et “Suspectes” (c’était bien ça le titre de ce machin
?) 

Plus sérieusement, Marina est un personnage important mais je ne l’ai pas considéré perso principal, ce qui explique son absence de la liste
17 mars 2008 à 22:37
Alfie, je te conseille vraiment de réessayer QAF, j’avais eu du mal à accrocher, comme toi, pendant plusieurs épisodes, mais je suis depuis revenue sur cette impression. C’est une très très bonne série, très bien écrite (un peu trop drama queen par moment mais bon, that’s entertainment ! ) et jouée.
(je parle de la version US en tout cas, je n’ai pas vu la version UK).
18 mars 2008 à 22:47
Je réessaierai à l’occasion, pour le moment j’ai du voir les 6 ou 7 premiers épisodes… ça m’a pas l’air mauvais hein, c’est juste que je n’accroche pas plus que ça
mais promis, j’y jetterai un oeil!
19 mars 2008 à 16:56
>C’est que Karina Lombard mérite un article consacrée à elle seule, un post complet
Oui mais même
>où on pourrait parler de TLW et “Suspectes” (c’était bien ça le titre de ce machin
Oh oui un post sur Suspectes